Soyons sérieux, certains ont pensé que la 3D allait inonder le marché… Ils se sont dits: il faut tourner en 3D c’est le futur, c’est ce que les gens veulent (et surtout ils paieront pour cela)… et bien non. C’était n’importe quoi, 7 fois sur dix c’est même du vol, la 3D est utilisée à des fins commerciales alors qu’elle n’est réellement justifiée que quand l’on souhaite “envoyer le spectateur quelque part”, lui faire vivre une expérience immersive. Exemple : un film tourné dans l’espace comme “Gravity” ou dans une barque comme “L’Odysée de Pi”, bref des endroits où il serait difficile de se projeter réellement. Une formation technique filmée en 3D sera extrêmement intéressante s’il faut apprendre à manipuler des objets (pas s’il s’agit juste de théorie). Une fois l’illusion de la 3D réalisée, le cerveau du spectateur croit y être, tout est alors plus vrai, plus fort, plus marquant. Cela implique alors une nouvelle manière de tourner et monter  car les “cut” frénétiques que l’on pourrait retrouver dans un montage d’une séquence de film d’action ne passent pas bien en 3D (ou alors il faut diminuer la profondeur de l’image pour que cela soit quasiment de la 2D temporairement comme dans Avatar par moment). En effet, un champ contre champ rapide agira sur la perception du spectateur comme une téléportation rapide…bref, pas le temps d’assimiler toutes les données en profondeur. La 3D nécessite donc un stereographer.

En tant que stereographers, nous sommes responsables du rendu et de la cohérence tri-dimensionnelle d’une image fixe ou animée. Le stereographer accompagne le projet à toutes ses étapes: préparation, tournage, postproduction et ce jusqu’à la diffusion. Il propose différentes voies technologiques ou artistiques afin de répondre aux souhaits du réalisateur et de la production.
C’est lui qui va faire en sorte que l’illusion de la 3D fonctionnera et impressionnera le spectateur. Il ira jusqu’à faire croire au spectateur qu’il est réellement en contact avec le sujet traité en image, ce qui donnera au final un souvenir d’expérience vécue plutôt que de “film plat” regardé.

Le stereographer est donc responsable d’un effet visuel, d’une illusion car il ne faut pas perdre de vue que la véritable 3D est celle que nous vivons entre le réveil et le couché et en plan séquence…

Le stereographer va utiliser toute une série d’outils ainsi que son expérience pour rendre l’aspect tri-dimensionel d’une image cohérent. En effet, si nos deux yeux nous permettent tous les jours de percevoir la 3D, c’est notre cerveau qui combine les images depuis notre naissance, autrement dit c’est notre cerveau qui effectue un travail d’assemblage d’informations. Les machines étant encore loin d’égaler la richesse de fonctionnement du corps humain, le stéréographe doit combler cette différence en tenant compte d’une grande quantité de mesures sur le lieu de tournage ainsi que toute une série d’autres mesures liées à la surface et les conditions de diffusion. Il travaillera en outre en post-production afin d’harmonsier le projet et son rendu.